Relations familiales et sécurité intérieure
- Elisa Jouannet

- il y a 5 jours
- 3 min de lecture
Quelques maîtres spirituels nous rappellent parfois que si nous nous pensons 'illuminé.e' (comme si nous avions fini le travail intérieur, que tout en nous était guéri, en paix), il nous suffirait d'aller passer le week-end chez nos parents ou les personnes qui nous ont élevé pour nous ramener à la réalité...
ça vos arrive aussi que tout se passe plutôt bien dans vos relations interpersonnelles, sauf avec la famille proche ? Que l'agacement que vous ressentez en voyant leur comportement vous met hors de vous alors que si le voisin se comporte similairement ça vous laisse indifférent.e ?
C'est normal ! (normal dans le sens concret : la norme de nos besoins physiologiques et émotionnels, lisez la suite vous allez comprendre).
Pendant notre enfance nous dépendons, littéralement, des adultes proches pour notre survie, que j'appellerai ici figures d'attachement (parents biologiques, adoptifs, foyer d'accueil...) puisqu'iels nous donnent alimentation, chaleur, abri.
Iels sont nos premiers repères.
En grandissant, selon les normes en vigueur dans la culture d'appartenance (cocooner longtemps ou laisser l'autonomie jeune), selon l'accès au soin, au confort financier et matériel de la famille/du groupe d'attachement, selon les blessures et expériences que chacun.e traverse, notre système nerveux peut avoir tendance à continuer de croire que nous dépendons encore de nos figures d'attachement.
Les enjeux en terme de socialisation sont donc immenses!
Nous voulons leur plaire, être accepté.es, aimé.es, mais pas seulement parce que ça nous donne l'impression d'être inclu.e dans la meute, mais bien parce qu'une part de nous croit encre que si nous sommes seul.e alors nous allons rapidement mourir!
C'est ce qu'il se passe dans l'enfance et lorsque nous sommes au milieu du monde sauvage. Seul.e, nous sommes bien plus vulnérables.
Ok. Le phénomène est compréhensible.
Notre signal d'alarme est particulièrement activé si des conflits émergent avec nos figures d'attachement parce que nous avons inconsciemment peur d'être livré.es à nous-même et de dépérir.
Mais alors, que faire ?
L'idée serait d'aller progressivement rassurer la part de nous enfant qui a peur, qui panique, qui perd ses moyens. C'est plus facile à dire qu'à faire parce que sur le moment, elle prend le contrôle du véhicule et nos réactions sont si rapides, spontanées qu'il est difficile d'y voir clair.
La conscience est un muscle : ça se travaille, à force de revenir à soi-même, à force de prendre le temps de se "recentrer".
Si cela aide, posez une main sur le ventre, l'autre sur le cœur ou bien enlacer vos épaules, prenez quelques respirations et regardez autour de vous. Regardez bien pour observer que là, dans la pièce tout est ok et la panique, la peur sont inconfortables mais pas dangereuses. Peut-être que des scénarios de l'enfance se sont rejoués pour vous dans ce moment de conflit, mais là, vous êtes ici, la/le vous de maintenant.
Si là tout de suite vous deviez quitter le repas de famille parce que les remarques sont trop blessantes ou que vous décidiez de couper les ponts avec un membre pour x raison, ce serait inconfortable c'est sûre, triste, douloureux peut-être, et/mais, vous survivriez. Les solutions sont multiples et les ressources en vous aussi !
Observez si le calme/la tranquillité peuvent trouver une place en vous, tout en acceptant que la part enfant aie toujours peur ou n'y croit pas trop. C'est ok. Y aller progressivement en tissant cette relation de confiance peu à peu avec elle. Vous adulte qui accueille et dorlote, prend soin de vous enfant.
A chaque fois que ça part en vrille.
A chaque fois que vous vous sentez stimulé.e
Le système nerveux a besoin de temps, de confort et de répétition pour apprendre un nouveau mode-par-défaut. Ca aussi c'est normal si vous vous sentez embarqué.e par les émotions plusieurs fois (ça m'arrive aussi!).
La vie est une danse où la relation à soi-même prévaut, où chaque expérience nous permet de trouver ce qui est juste pour nous-même, en utilisant les ressources auxquelles nous avons accès.
Plein de courage vers vous
Chaleureusement
Elisa



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